Découvrez les projets soutenus par le Comex de la Fondation du Nord, qui s’engagent en faveur des publics féminins
Dans les Hauts-de-France, des femmes font face chaque jour à des ruptures qui fragilisent durablement leurs trajectoires : perte d’emploi consécutive à une maladie chronique, violences conjugales menant à la rue, isolement social profond, éloignement des métiers en tension faute d’accès à la formation. Ces réalités ne sont pas abstraites. Elles ont des visages, des territoires, des noms.
La Fondation du Nord a choisi d’accompagner six associations qui construisent, de l’intérieur, des réponses concrètes à ces fractures. Chacune opère dans un champ différent (santé, logement, sport, insertion professionnelle, numérique, lien social). Ensemble, elles dessinent un écosystème d’inclusion ancré dans les réalités locales de Lille, Roubaix, Valenciennes et leurs territoires.
La Maison apaisante (Ikambere) : soin, lien social et prévention des maladies chroniques


Inaugurée début 2026, La Maison apaisante portée par l’association Ikambere s’adresse à des femmes précaires atteintes de maladies chroniques. Un public souvent invisible dans les dispositifs d’accompagnement classiques, qui cumule vulnérabilité sanitaire et isolement social.
Le projet repose sur une animation quotidienne assurée par des professionnels de santé et des bénévoles issus du tissu local : socio-esthéticienne, sages-femmes, et désormais l’association Siel Bleu, qui intervient chaque semaine pour proposer des activités physiques adaptées. En quelques semaines, le nombre de bénéficiaires a doublé pour atteindre 50 personnes accompagnées. Les actions de prévention menées hors les murs ont, elles, déjà touché 250 personnes sur le territoire.
« A la Maison apaisante on est très bien accueillies, on s’y sent bien et on est apaisées. C’est vraiment un moment pour soi-même, chacune vient avec son expérience, et on s’entraide. »
Zohra, bénéficiaire
Au-delà du suivi individuel, La Maison apaisante crée un espace de rencontre entre des femmes aux parcours très différents. Ce qui en émerge dépasse le cadre du soin : des liens se tissent, une forme de sororité se construit naturellement entre les bénéficiaires.
L’association Ikambere est en recherche active de bénévoles pour renforcer son action : accompagnement des bénéficiaires, lien social, expertise médico-sociale.
La Maison des Marraines (Impala Avenir Développement) : le logement comme point de départ

Accéder à un logement stable est souvent la condition préalable à tout parcours d’insertion durable. C’est le postulat de La Maison des Marraines, portée par Impala Avenir Développement, présente sur les agglomérations de Lille et Roubaix.
La trajectoire du projet, qui a été sourcé et soutenu au titre de la démarche collective « Hauts-les-jeunes » pilotée par la Fondation de France en 2024, en partenariat avec les fondations à ancrage territorial, illustre concrètement l’ampleur des besoins non couverts. Sur le territoire de Liévin, l’association est passée de 3 logements en 2024 à 10 en 2025, puis 13 en 2026. Au total, ce sont aujourd’hui 33 logements disponibles dans les Hauts-de-France, pour 30 jeunes femmes accompagnées simultanément et une quarantaine de parcours engagés chaque année.
La durée moyenne d’accompagnement est de huit mois. À l’issue de ce parcours, 70% des bénéficiaires connaissent une sortie positive : elles quittent le dispositif relogées, en emploi ou en formation. Un taux qui témoigne de la solidité du modèle d’accompagnement, fondé non pas sur le mentorat, mais sur la création de liens sociaux durables avec des marraines et parrains bénévoles.
L’association prépare son implantation à Valenciennes, mais se heurte à un défi concret : trouver des logements disponibles sur ce territoire. Elle reste en recherche permanente de marraines et parrains (contact@lamaisondesmarraines.com)
Transforme l’essai (Ladies Are Just Amazing) : le sport comme vecteur d’insertion

Né dans le cadre de l’appel à projets de la Fondation du Nord « Le sport au service des parcours d’insertion des jeunes Nordistes », Transforme l’essai porté par Ladies Are Just Amazing (LJA) a su se structurer et se ramifier au fil des années. Depuis 2024, ce sont près de 90 jeunes qui ont participé à l’un des programmes Transforme l’essai.
Depuis 2025, LJA et et l’association Sport dans la Ville (également soutenu au titre de notre appel à projets en 2024) collaborent dans le cadre du programme régional Hauts-les-Jeunes, au sein duquel leurs deux actions respectives (Passe décisive et Transforme l’essai) ont été fusionnées sous le nom « Paré pour l’emploi ». D’ici fin 2026, ce sont 5 cohortes d’environ 15 jeunes chacune qui seront accompagnées dans ce cadre.
En parallèle, LJA s’inscrit dans le programme L dans la Ville de Sport dans la Ville avec une déclinaison intitulée Confiance et Leadership : 5 séances thématiques exclusivement destinées aux filles, organisées pendant les vacances scolaires entre octobre 2025 et mai 2026. Connaissance de soi, haltérophilie, rugby, nutrition, vivre-ensemble ; chaque atelier travaille à la fois une discipline et des compétences psychosociales (confiance en soi, esprit d’équipe, leadership). Sur l’ensemble du cycle, près de 25 jeunes filles auront suivi les cinq ateliers.
« Participer à cette action a été pour moi une évidence. Je me reconnais pleinement dans les valeurs portées par l’association, notamment son engagement en faveur des publics féminins et de leur émancipation à travers des actions concrètes.
« J’ai accepté d’intervenir avec l’envie de faire découvrir un sport encore trop méconnu, qui est l’haltérophilie, mais surtout de montrer qu’il peut être un véritable levier de confiance en soi. L’haltérophilie ne se résume pas à soulever des charges. C’est un sport qui apprend à se dépasser, à croire en ses capacités et à dépasser des barrières mentales.
À travers cette intervention, mon objectif étaitde transmettre un message simple mais essentiel : chaque femme est capable d’atteindre ce qu’elle entreprend, à condition de s’en donner les moyens et d’y croire.»
– Estelle Beaussart, athlète haltérophile professionnelle
Le Nid de Valenciennes (Aportée d’elles) : reconstruction globale et impact économique mesurable

Aportée d’elles accompagne des femmes en rupture professionnelle, suite à un burn-out (23,5% des parcours), une maladie (11,8%), ou des violences et séparations (39,7%). Sept femmes sur dix arrivent sans emploi. Huit sur dix vont au bout du parcours de neuf mois.
Les résultats sont documentés et précis : après le parcours, 72% des bénéficiaires se réinsèrent professionnellement (contre 33% au démarrage), 94% gagnent en estime d’elles-mêmes de manière significative, 80% définissent un projet professionnel en autonomie, et 91% prennent des décisions importantes pour elles-mêmes. Le taux d’activité est multiplié par cinq.
L’impact est aussi économique : 1 euro investi génère au moins 5 euros économisés pour la collectivité. Le coût d’un parcours est estimé à 4 000 euros, pour un coût évité d’au moins 20 000 euros par femme accompagnée.
Le Nid de Valenciennes a franchi une étape supplémentaire : quatre praticiennes spécialisées accueillent désormais les femmes dans un espace dédié à la santé et au bien-être, intégrant soin, soutien, émancipation et autonomie sous un même toit. L’association développe en parallèle une offre à destination des entreprises (formations sur les compétences managériales, modules dédiés à l’accompagnement des publics vulnérables) avec un positionnement clair : prévention, détection précoce, montée en compétences sur la vulnérabilité.
Femmes et liens (La Cloche) : dignité, mixité sociale et ancrage de quartier


À Lille, l’association La Cloche décline son modèle des commerçants solidaires Le Carillon au profit des femmes en situation de précarité. Sur les 70 commerçants engagés dans le réseau lillois, une quinzaine sont devenus des « lieux refuges » : accès à l’eau, kits d’hygiène, protections périodiques, livrets d’information ; des lieux répartis dans les quartiers de Vauban, Wazemmes, Moulins, Fives, Lille Sud et Vieux-Lille pour limiter les déplacements.
Le projet repose sur trois leviers complémentaires. Le Pôle Femme, instance de mixité sociale réunissant mensuellement une dizaine de femmes co-construit les activités à venir selon une logique de « faire ensemble ». Des maraudes dédiées permettent d’aller vers les femmes directement dans la rue. Et des formations aux violences sexistes et sexuelles, conduites en partenariat avec l’association La Place des Femmes (psychologues, avocats, médecins), professionnalisent les bénévoles et préparent à terme les commerçants et habitants du territoire.
Rendez-vous le 29 mai, de 15h à 22h, à L’Orangerie (Jardin des Plantes, Lille) : La Cloche organise une journée solidaire ouverte à tous (ateliers, exposition photographique, apéro-papote entre partenaires et public accompagné, soirée DJ set 100% féminin. Entrée à prix libre, accès gratuit pour les femmes en situation de précarité.
Tech Da Power (Descodeuses) : former les femmes aux métiers du numérique
Le secteur du numérique reste structurellement déséquilibré en termes de genre. Descodeuses, organisme de formation certifié Qualiopi, s’attaque à ce déséquilibre à travers Tech Da Power, soutenu par la Fondation du Nord.
Depuis sa création, l’association a sensibilisé plus de 2 000 femmes et en a formé environ 250 aux métiers du numérique, selon une méthodologie en deux temps : des ateliers de sensibilisation accessibles au plus grand nombre, suivis d’un parcours de formation approfondi. Les filières s’adaptent aux signaux du marché : cybersécurité (une promotion en cours de finalisation à Roubaix), administration systèmes et réseaux (direction prioritaire pour la rentrée d’automne, suite aux remontées des DSI et DRH), et intelligence artificielle, sous forme de bootcamps immersifs d’une semaine, ciblant aussi les plus jeunes avant leurs choix d’orientation.
Pour garantir l’employabilité dans un marché saturé en profils juniors, Descodeuses mise sur des dispositifs concrets : alternance, POEI avec garantie d’embauche, poursuite d’études jusqu’en Bac+4/Bac+5. Sur le plan territorial, l’association déploie une stratégie d’essaimage : ancrée historiquement à Roubaix et en Île-de-France, elle est désormais active à Marseille, en cours d’implantation à Lyon, et vise Bordeaux à horizon 2027.

Le rôle de la Fondation du Nord : financer là où l’innovation fait la différence
En soutenant financièrement ces associations, la Fondation du Nord leur permet d’expérimenter, de s’ajuster au terrain, et de mesurer leur impact. Ce modèle de mécénat n’est pas un substitut à l’action publique : c’est un levier complémentaire, qui prend des risques mesurés et accompagne l’innovation sociale dans la durée.
Si vous souhaitez rejoindre cet écosystème (en tant qu’entreprise mécène, bénévole, employeur, parrain ou marraine) chaque contribution compte :